Pour mon premier post, j'aimerais considérer une particularité de la langue française, ou plutôt une excroissance, une déformation : le parler marseillais. Il est aisé de récolter sur des sites les expressions que les parisiens ont retenu des spectacles de Bosso ou d'autres plastrasses. Mais ici, il ne s'agit nullement de revenir sur ce qui est déjà écrit mais de commenter le riche et somptueux vocabulaire des jeunes des cités.
A cette fin, j'ai personnellement eu l'opportunité de rencontrer un dictionnaire ambulant dont je vais sans plus tarder vous livrer le florilège, la quintessence, de son contenu.
Lorsqu'on croise une fille, vulgaire en général, il faut dire : "Elle, elle est dangereuse".
Lorsqu'on est en voiture et qu'on croise une jolie fille, on a le choix :
-"Celle là, on l'écrase, elle tombe par terre, on la viole et c'est bon, héhéhé (rire d'alcoolique)"
-"Celle là, juste pour le sexe je la prend avec sa bouche de suceuses"
Lorsqu'on croise une fille, en toute situation : " Les femmes elles ont toutes des gros bras, c'est à force de branler les mecs"
Et puis on peut aussi avoir des conversations philosophiques : " Moi ce que j'aime chez Clara Morgane c'est tous ses petits bruits. Trop strange (prononcer str - ange ) "
La philosophie c'est bien, mais la médecine c'est mieux :
-"C'est bien connu, il faut jamais se raser après manger"
-"Moi je suis jamais malade. Et quand je suis malade (!), c'est jamais une infection."
-"En hiver, quand les collègues ils sont malades et qu'ils me disent "me fais pas la bise je suis malade", moi j'y vais quand même. Sans pitié."
Un bon marseillais, c'est aussi une personne qui a une mémoire géographique, et démographique. "Regarde à ce balcon là il y a une blonde qui y habite, je te promet elle trop dangereuse." Il regarde au balcon pour vérifier si elle y est."Ah non. Salopeee"
Ce qu'il faut retenir, en définitive, c'est qu'une révolution verbale est sur le point d'éclater, et qu'il ne faudra pas être surpris si S. Royal venait à dire du président " N. S c'est un enculé de sa race maudite" ou que ce président dise à son auditoire "Ce soir, à C., je lui fais le cul".