14 février

. Saturday, February 14, 2009
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Ah … la femme, chef-d'œuvre de Dieu ! Que ne ferait-on pas pour lui faire plaisir… La Saint Valentin est justement une fête créée pour elles, enfin, officiellement, c'est celle des amoureux heureux.
La légende raconte que Saint Valentin, avant son martyr, avait envoyé une petite carte à sa bien-aimée, instituant ainsi la fête bien connue. Légende à double sens : les femmes y voient la délicate attention d'un homme qui va être mis à mort, les hommes comprennent que les deux événements sont liés : l'amour, c'est mourir beaucoup. Une version moins connue est cependant transmise en secret d'historien en historien : il s'agirait tout bêtement d'une ruse de la gent féminine pour obtenir un troisième cadeau dans l'année, avec leur anniversaire et Noël. Il faut noter que la continuité logique de la Saint Valentin est la fête des mères : un cadeau de plus. En fait, l'amour n'est qu'un cruel compte de faits où le prince charmant finit en interdit bancaire.
Mais la femme est idiote : pour obtenir ce cadeau, elle doit passer toute sa soirée à se peindre le visage, s'épiler les sourcils, se rembourrer la poitrine ou choisir une paire de chaussures. Pourquoi ? Parce que l'homme aime cela. Si elle s'offrait directement son cadeau, ça lui coûterait moins cher. Les femmes préfèrent être belles plutôt qu'intelligentes parce que, chez les hommes, il y a plus d'idiots que d'aveugles. Et comme disait Baudelaire, « aimer une femme intelligente est un plaisir de pédéraste. »
Et oui, le meilleur contraceptif reste la laideur. La femme étant pour l'homme un trophée à exhiber, symbole de sa réussite, quel intérêt de promener à son bras un thon, entraînant les quolibets, moqueries ou même insultes de ses amis ? Subir les regards condescendants des autres hommes, voir son sex appeal auprès des autres femmes ruiné par cette concurrente indigne. Impensable, donc tous chassent les mêmes gibiers, délaissant les autres. La moindre viande, c'est 15 euros le kilo. A 60 kg la nana, ça fait 900 euros la fille. La plupart ne valent pas cela. Enfin, ça sous-entendrait que le thon obèse vaut plus cher que la jolie mince… Dictature de la beauté imposée par les films hollywoodiens alors qu'à l'époque de Louis XIV, ce n'étaient pas celles-ci qui étaient les plus courtisées. Triste monde tragique.
Les féministes étaient malignes : pour s'assurer des fleurs au moins une fois par an, elles ont imposé cela dans les codes de la société. Quel intérêt d'offrir des fleurs à quelqu'un d'autre qu'à un mort ? Et dire que, de nos jours, on appelle ça du « romantisme » … Comme si l'amour se résumait à un cadeau forcé, en mettant cela sur le dos de la galanterie, chose qui n'est que pure misandrie. Il y a de quoi vomir en voyant un tel déballage d'inepties en alibi pour tirer un coup.
Les cadeaux ne sont pas pour déplaire aux industriels. Au fond, le libéralisme fait la synthèse entre amour et réussite : « Dans un système économique ou le licenciement est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver sa place. Dans un système sexuel ou l'adultère est prohibé, chacun réussit plus ou moins à trouver son compagnon de lit. En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d'autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante ; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude. Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. Certains gagnent sur les deux tableaux ; d'autres perdent sur les deux. »
Avec la multiplication des moyens de communication (internet, portable …), les gens seuls subissent même l'amour à distance, en se disant qu'après tout, comme tout le monde est seul, c'est juste plus facile à supporter quand on croit être avec quelqu'un. Dévoyant ainsi le but de l'amour et de la séduction : satisfaire dame nature. Les comportements sociaux n'y sont déjà que peu favorables, mais là se trouve une impossibilité mécanique. D'ailleurs, sans se voir, l'idéalisation de l'autre est plus facile, et finalement, on n'aime plus l'autre, mais un rêve de l'autre. On sombre dans les profondeurs des délires psychanalytiques. L'amour fantasmé est plus abouti que l'amour réel, et on préfère se cantonner à un fantasme plutôt qu'a la réalité, de peur de tomber de haut. Mais quand on va trop loin, on est obligés de voir le précipice, et dans une voiture à 230 km/h sans frein ni volant, plus on aura grimpé, plus dure sera la chute.
L'amour rend faible, et le plus faible des deux est opprimé, torturé et finalement tué par l'autre, qui de son côté opprime, torture et tue sans penser à mal, sans même en éprouver de plaisir, avec une complète indifférence; voilà ce que les hommes, ordinairement, appellent l'amour. Mais chaque personne a sa manière d'aimer, il n'y en a ni de bonne ni de mauvaise, tant que la personne le fait en y mettant tout son cœur. Alors, pourquoi donc aimer en sachant pertinemment que cela ne durera jamais pour toujours, ou du moins pas autant que l'on le souhaite ? Pourquoi ce bonheur de tous les instants que nous vivons doit-il nous être arraché par le temps, le destin ? Pourquoi après la joie, le malheur et la tristesse finissent inéluctablement par nous rattraper ? Bien évidemment, ce sont là des questions à se poser. Mais si les gens y réfléchissaient trop, plus personne ne s'aimerait et la vie tomberait dans la morosité. Mais comment alors s'abandonner à l'autre tout en sachant qu'un jour venu, il nous quittera, nous trahira ou nous fera pleurer, tombant dans un gouffre a priori sans fin de larmes et de désespoir ? L'amour et la tristesse sont liés, et nous n'y pouvons rien. Cependant n'est-ce pas la tristesse, la peine et les larmes qui rendent l'amour si beau, si intense, si important dans notre vie ?
Au fond, l'être humain est égoïste, ou plutôt utopiste parce qu'il s'engage dans des voies qu'il sait fermées, dans des chemins entravés par la peine. Il ne pense qu'à lui-même, sauf peut-être lorsqu'il aime, où son âme est en totale communion avec celle de la personne aimée.
Aujourd'hui courir après le bonheur éternel n'est qu'une chimère, nous ne cherchons que des instants de bonheur et le moyen d'y arriver. Mais malheureusement personne de nos jours ne comprend que construire le futur et maintenir en vie le passé n'est qu'une seule et même chose... Préserver une relation amoureuse est un corollaire de bâtir un avenir à deux. On dit que l'amour ce n'est pas se regarder l'un l'autre mais regarder tous deux dans la même direction. Or regarder ensemble l'avenir est une belle preuve d'amour : on offre à son partenaire de partager sa vie, d'être son compagnon quoiqu'il arrive. D'ailleurs compagnon ne signifie-t-il pas partager son pain avec quelqu'un ? Ainsi on peut dire que l'amour est une longue succession de partages : tout d'abord partage du quotidien, partage d'espoir, d'avenir, de sentiments, partage d'une vie, sans oublier d'essayer de régler, à deux, des problèmes que l'on n'aurait jamais eu seul. Par contre, pas les taches ménagères, faut pas déconner.

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